Bagdad Rodeo au Gibus

Créé le 07/09/2013 - Mis à jour le 12/12/2014
Je suis allé voir les Bagdad Rodeo en concert au Gibus (à Paris) le vendredi 6 septembre 2013. C'est pour le moment le meilleur concert que je me suis fait à Paris (mais bon, je n'en ai pas fait beaucoup).
La première fois que j'ai vu les Bagdad Rodeo, c'était au Bateau Phare l'année d'avant en première partie d'un concert des No One Is Innocent (ce concert a été précédé d'un débat filmé entre notamment Kemar - le chanteur des No One - et un élu bourge de l'UMP venu en Limousine et maquilleur personnel : la caricature vivante, quoi).
 
J'ai filmé un bout (pas plus de 30 secondes) juste pour se donner une idée de l'atmosphère mais de toute manière, je recommande vivement d'écouter leurs 2 albums (par quelques moyens que ce soit).
Pour aimer les Bagdad Rodeo, il vaut mieux avoir la fibre gauchiste (ou bien être de la droite décomplexée qui ne refuse pas l'auto-critique). Le nom du groupe stipule d'ailleurs leur posture anti-US lors de la guerre en Irak. Le groupe est plutôt tendance coco et ça s'entend bien dans les textes d'ailleurs (et c'est aussi peut-être l'une des raisons pour lesquelles leur succès tarde à arriver). Ils ont pas mal de morceaux très accrocheurs mais assez rageux. Ils ne sont pas aussi humoristiques que les Fatals Picards, mais ils sont bien plus rock'n'roll.
Quand j'écoute les textes, d'une part je me dis que les thèmes abordés sont ultra-récurrents pour des gauchistes, mais d'un autre côté, c'est un peu la première fois que c'est abordé vraiment "brut de décoffrage" et sans tourner autour du pot, tout en ayant de vrais riffs de rock alternatif, voire métalleux.
Actuellement, c'est mon groupe de rock français préféré et comme y a pas grand-chose de toute manière dans le rock international ces temps-ci, c'est même mon groupe de rock préféré tout court (pas dans l'absolue, car y aura encore bien des groupes de rock qui se succèderont avant que je mette Nirvana, Led Zep ou Metallica au placard, mais surtout Nirvana en fait).
Sinon, pour parler politique (ce qui me semble incontournable quand on a des opinions), je dirais que bon... les communistes français sont sans doute les plus sympathiques des communistes, mais moi Marx, je l'ai pas dans le nez et ça m'étonne qu'à moitié que la majorité des cocos français ne sont pas de la branche la plus populaire des classes sociales. Y a beacucoup de fonctionnaires et fils de fonctionnaires. Y a pas tellement de blacks, de rebeus et de chinois (à part les Tang frères, y a pas tellement de Chinois qui ont fait fortune à Paris).
Bon, bref, Bagdad Rodeo c'est de la musique pour français blanc de classe moyenne aux parents gauchos... c'est sûr que ça fait un public relativement restreint. Le public au Gibus était massivement "blanc". Je devais être l'un des très rares gens de couleur dans la salle (à vrai dire, je n'en ai pas vu mis à part parmi les barmens, mais ça compte pas, donc j'étais peut-être bien le seul). Je trouve ça dommage quelque part. On aimerait partager ce genre de musique avec plus de monde, mais je pense qu'honnêtement à notre époque, le repli communautaire se fait aussi dans la musique puisqu'au fond, moi-même, je ne suis pas fana de rap, je n'aime pas la techno ou la rave et j'ai aussi bien du mal avec la plupart de trucs de la soupe populaire.
De ce fait, en mon for intérieur, je ne peux pas m'empêcher de me dire qu'au fond, les discours rassembleurs dans la musique, ça reste toujours un peu "sectaire" dans les faits, même quand ça prône l'universalisme. Il ne faut pas attendre du monde du spectacle qu'il nous change le monde (dit comme ça, ça paraît évident et pourtant, ça ne l'était pas dans les années 70 : il suffit d'écouter John Lennon). Bagdad Rodeo se contente de critiquer le monde de merde libéral dans lequel on vit et ça me va très bien.
Sur ce point, il ne faut pas ignorer que le monde du spectacle - et donc de la musique, c'est-à-dire le "show business" - est ultra-libéral (pour travailler dans un milieu proche du marketing, je peux le certifier). De ce fait, Bagdad Rodeo n'attend plus qu'une bonne chose : se poser des questions plus ou moins existentielles et politiques au moment où le groupe accèdera au succès et que le pognon arrivera. On verra bien si Ludo (le chanteur des Bagdad) incarnera vraiment à la première personne le "super connard" qu'il a des chances de devenir en devenant célèbre et plein aux as (avant déduction d'impôt), comme n'importe qui. Après il restera la musique... mais y a pas que la musique qui compte, surtout quand on est gaucho.

FragBis

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