La ruche qui dit oui

Créé le 20/05/2013 - Mis à jour le 12/12/2014

La ruche qui dit oui La "Ruche qui dit oui" est un bon concept qui s'ancre dans la tendance "locavore". Le principe simple étant que l'on y achète (en ligne) des produits uniquement issus de l'agriculture de sa région. On ne devrait donc y trouver ni de produits exotiques, ni de produits hors saisons. Tous les produits proposés n'ont pas la certification bio, mais le site permet de ne filtrer que les produits bio si on le souhaite.

Ce concept e-commerce a été développé par 3 anciens associés de Meetic, de Free et de Marmiton (un site de recettes de cuisine). L'entreprise a été fondé lors de l'été 2010 et la première ruche a vu le jour en mars 2011 au Fauga, en région Toulousaine (au sud de Muret).

Le principe

L'inscription au site est très facile, en tout cas, côté acheteur. Il suffit d'enregistrer son nom, son prénom, son adresse postale et e-mail (et quelques autres petites informations pour la plupart optionnelles). Votre carte bancaire n'est pas enregistrée, il faut saisir à chaque fois ses coordonnées bancaires lors du règlement d'une commande. D'un certain côté, c'est plus sécurisant ou du moins, c'est plus rassurant que de savoir par exemple que des sites comme Amazon, Cdiscount et autres enregistrent dans leur base de données vos coordonnées bancaires. Ou en tout cas, ils enregistrent auprès de leur banque vos coordonnées auxquelles ils rattachent votre compte client chez eux, plus une autorisation de prélèvement (parfois, parce que normalement ça devrait être un papier à signer). C'est tellement facile de tomber dans le piège des abonnements en ligne qu'on ne maîtrise plus... en regardant nos relevés de compte, on finit toujours par se poser des questions.

Je n'ai pas essayé mais, côté producteur il me semble que l'inscription est tout aussi aisée que de créer son compte client. On peut également lancer la création d'une ruche. En fait, pour ainsi dire, une ruche est un point de rendez-vous (dont l'adresse est donnée sur le site) sur une localité de son choix (généralement, on choisit un lieu assez proche de chez soi ou de son boulot).

Donc, pour résumer, côté acheteur : on commande sur le net, puis on se rend à telle date, à telle heure et à tel endroit pour retirer les produits commandés.

Côté producteur : on propose ses produits sur le site pour telle semaine et on se rend au point de livraison le jour J. Les producteurs ont le droit d'afficher un quota minimum d'achats à atteindre pour assurer la livraison. Si par exemple seulement 2 kilos d'une variété de patate ont été commandés, alors il est inutile pour l'exploitant de se déplacer pour si peu. En contrepartie, pas de panique, vous ne serez pas débité du montant du produit non délivré. Les commandes ne sont définitivement validées et payées que la veille de la livraison.

Certains produits (comme le pain) sont cuits le jour-même de la livraison, cela explique aussi pourquoi il est inutile de faire se déplacer un producteur pour trop peu. Ceci dit, le réseau de ruches est parfois suffisamment bien maillé pour qu'un producteur puisse étendre sa distribution sur plusieurs ruches assez proches, ce qui y est le cas à Paris.

Mon avis

Le site Web est plutôt bien fichu, non pas pour son design fulgurant mais pour sa lisibilité et sa simplicité. Je pense que l'apport des associés de Meetic, de Free et de Marmiton y est pour quelque chose. Les choses les plus simples sont souvent les plus dures à trouver et de l'avis du développeur Web que je suis, la mise en adéquation du concept (qui déjà en tant que tel est plutôt réussi) et de sa mise en oeuvre est bonne. Je suis allé regarder leur page "Nous recrutons" et j'ai vu qu'ils recherchaient des développeurs PHP/Symfony. Bon, ça ne parle pas à beaucoup de gens ça "développeur PHP/Symfony" et je ne vais pas exposer ce qu'est Symfony ici, ce serait hors-sujet (d'autant plus que je ne suis pas fan de ce framework). A mes yeux, cela veut dire surtout que les concepteurs du site ont fait appel à une équipe de développeurs pour construire tout le site et tout le système "from scracth" (ce qui veut dire, tout depuis le début). Ils n'ont pas utilisé une solution e-commerce déjà existante (de toute manière, il n'en existe pas vraiment d'adéquat sur le marché) et ils n'ont - semble-t'il - pas fait développer leur site par une société prestataire. A l'image de ce qu'affiche le créateur de Free, ce site de la "Ruche qui dit oui" se veut innovant et quelque part, je le trouve effectivement innovant même si je n'ai pas investigué à l'étranger pour voir si ce concept existe déjà. Je sais du moins que le concept "locavore" vient par contre des Etats-Unis, mais ce terme n'est pas présent sur le site et c'est tant mieux. "Locavore" est un de ces néologismes (comme le terme "bio") qui n'est ni beau phonétiquement, ni globalement séduisant. Cependant, je me dois d'en parler étant donné que c'est aussi le genre de terme qui s'inscrit rapidement dans le cerveau, ce qui véhicule plus vite les idées. De plus, vous n'êtes pas obligés de snober ce terme comme je le fais.

Malheureusement, ce type de marché reste à mes yeux un "marché de niche" ("La niche qui dit peut-être...", hmm !). Marché sur lequel on se positionne chez les BoNs (pas tous, bien sûr). On est clients de produits bio ou de produits locaux par acquis de conscience. On cherche à se montrer volontaires, mais on ne montre pas vraiment l'exemple puisqu'on n'est que faiblement suivis. Moi, j'ai connu la "ruche" grâce au bouche-à-oreille. Je n'en avais pas entendu parlé dans les médias, mais je m'étais tout de même aperçu que par endroit, en rentrant du boulot, je pouvais voir se réunir des Parisiens autour de cageots de tomates et de patates. Juste au coin de la rue. Ou bien dans de très beaux sites (comme à la Gaîté Lyrique, dans le 3ème arrondissement de Paris, où m'a emmené un poto pour me faire découvrir le concept).

Comme je vais chercher mes produits en chemin après le boulot, je me dis qu'au fond c'est moins contraignant et moins long que de se forcer à repartir de chez soi pour flâner dans les rayons d'un super-marché pour acheter plein de trucs dont je n'avais pas forcément besoin. Certains diront que c'est mieux de se faire livrer chez soi, mais l'idée c'est aussi de minimiser les intermédiaires, les coûts liés au transport et donc son empreinte écologique.

Les propriétaires du site touchent 15% du chiffre d'affaire (à vérifier sans doute dans les faits, mais ce ne serait sans doute pas trop difficile). Le reste va directement aux producteurs, sachant que dans la grande distribution, le prix final d'un produit peut aller du double au triple du prix concédé par les producteurs.

En définitive, le gaspillage est grandement limité puisque n'est livré que ce qui a été commandé. J'inciterais bien les exploitants que je connais à s'inscrire sur le site pour y délivrer leurs produits et ainsi, compléter cet article. Au fond, je ne vois que 3 réticences majeures qui sont en fait inhérentes aux sites e-commerces en général : ne pas avoir de connexion internet, ne pas avoir de carte de bleue (ou ne pas vouloir payer sur le net avec) et être analphabète. Dans mon cas, je dirais aussi : être faiblement ponctuel et avoir un sens de l'orientation tel que je n'arrive jamais à trouver la meilleure sortie de la station Nation (ceci expliquant ma faible ponctualité) et souvent en faisant l'erreur de suivre le troupeau (c'est fou ce qu'un troupeau semble toujours savoir où il va).

 

To be continued...
FragBis

Commentaires

P.S. : et chose importante, les produits ont du goût (en tout cas, les fromages fermiers sont bien comme je les aime).
FragBis - 22/05/2013 23:20:55
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